Est-ce vraiment foutu ?


Le terme « rebondologie » est construit à contrepied du terme « collapsologie ». Plutôt que de s’attarder sur les potentielles causes des désastres à venir, attardons-nous sur ce qui rend notre société plus résiliente (du latin resilio, rebondir).

Lorsque l’on tente de se représenter les prochaines décennies, il est logique d’être pessimiste vis-à-vis de ce que le futur nous réserve. Sortir du capitalisme ne suffira probablement pas à renverser complètement la tendance.

Mais par définition, les tendances d’aujourd’hui ne sont pas celles de demain. Voilà pourquoi il est pertinent de se focaliser sur des signaux faibles lors d’un exercice de prospective. Le scénario d’un rebond n’est donc pas à exclure complètement.


I – RESPONSABILISATION
& résilience alimentaire

Travail de sensibilisation : il devient évident que rendre la planète Terre invivable est problématique et que nos comportements doivent évoluer. Le laissez-faire et l’attentisme s’avèrent de plus en plus difficiles à assumer. Le confort de l’inaction et l’individualisme reculent petit à petit.

Carbo : le désir de réduire son bilan carbone voire la quête d’autonomie, poussent ce qui le peuvent à la sobriété, ainsi qu’à davantage faire par eux-mêmes. Le mouvement du zéro déchet, des low techs, des makers, des repair cafés, etc. favorisent cette tendance.

Paniers bio solidaires et AMAP : lorsque l’on peut se le permettre, autant consommer des fruits et légumes locaux. Nous alimenter de façon plus saine et régénérer nos sols, voilà des objectifs poursuivis notamment par l’agro-écologie ou la permaculture.


II – REPOLITISATION
& résilience sociale

Travail de mobilisation : il devient évident que les solutions ne viendront pas toutes “d’en haut”, qu’il faut agir à tous les niveaux. La Société Civile se développe, l’Économie Sociale et Solidaire se renforce. Les rapports de force entre vieux monde et nouveau monde s’équilibrent. Fini le statu quo.

Municipalisme : principe de subsidiarité oblige, améliorer la qualité de vie dans notre ville passe par une implication au niveau local. Les listes citoyennes se substituent ici et là à une politique partisane désuète.

Marketing résistant et Artisanat rhétorique : pour changer les choses, certains créent des entreprises. L’économie bleue, l’économie symbiotique, l’économie de la connaissance nous font entrevoir un monde à la fois moderne et soutenable.


III – FÉMINISATION
& résilience intellectuelle

Travail d’apaisement : il devient évident que le manichéisme et la quête de boucs émissaires engendrent avant tout des conflits, sans nous faire avancer. Si possible, on cherche à rassembler plutôt qu’à diviser, à encourager plutôt qu’à imposer, à réenchanter plutôt qu’à détruire.

Communication Non Violente : il s’agit d’améliorer notre capacité à échanger de façon constructive. Dès le plus jeune âge, par un meilleur apprentissage de la bienveillance, on peut parvenir à exprimer de l’empathie en lieu et place d’un jugement.

Pensée complexe et pensée bayésienne : de nouveaux modes de pensée se propagent, un nombre grandissant de citoyens parviennent à voir différemment le monde et ainsi, à interagir plus sainement avec leur environnement ou leurs prochains.


IV – DÉCLOISONNEMENT
& résilience économique

Travail d’organisation : il devient évident que le réseau fait la force. Avec l’aide des nouvelles technologies, nous pouvons repenser nos modes de gouvernance, de contrôle et de collaboration. Lorsque souhaitable, nous privilégions l’ouverture, le partage et la transparence.

Reinventing organizations : plus d’horizontalité, d’intelligence collective, de sens et de confiance, fluidifie / flexibilise le fonctionnement de nos structures. Des collaborateurs épanouis forment des équipes performantes, qui savent s’adapter.

Ammoneo : nous pouvons construire un système économique bien plus décentralisé et démocratique que le système capitaliste, qui veut que la course de notre monde soit essentiellement dictée par la quête de profits des investisseurs.


V – INNOVATION
& résilience énergétique

Travail de recherche : il devient évident que nous devons nous dispensons au maximum des énergies fossiles. Pour relever le défi technologique que pose la transition énergétique, parions sur ces alliées de choix que sont imagination, créativité et ingéniosité.

Champ gravitationnel : apprivoiser le champ électromagnétique a métamorphosé nos civilisations. Que se passerait-il si nous apprivoisions un jour le champ gravitationnel ? Il n’est pas forcément contre-productif de s’interroger.

Paléo-énergétique : un changement de contexte économique / géopolitique ou l’ajout d’une brique technologique (p.e. piles à combustible, smart grid, etc.) peut dès aujourd’hui rendre pertinentes des inventions du passé.



Pour que le meilleur advienne, il est nécessaire
de lui faire une place dans notre imaginaire.