Développer notre résilience


Le terme « rebondologie » est construit à contrepied du terme « collapsologie ». Plutôt que de s’attarder sur les potentielles causes des désastres à venir, attardons-nous sur ce qui rend notre Société plus résiliente (du latin resilio, rebondir).

Lorsque l’on évoque les prochaines décennies, nombre d’entre nous sont pessimistes vis-à-vis de ce que le futur nous réserve. Si les scénarios sombres sont tout à fait plausibles, d’autres plus optimistes le sont également.

Cette page présente quelques étapes d’une transition vers un monde plus juste, plus soutenable, plus joyeux. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de faire advenir le paradis sur Terre. Les frustrations et les conflits font partie de la vie.


I – SOBRIÉTÉ

Valeurs : un changement de comportement s’opère, dû au dérèglement climatique et au constat que l’argent ne fait pas le bonheur (bien qu’il y contribue). Il devient évident que rendre la planète Terre invivable est problématique et que l’écologie doit devenir une priorité.

Fermes d’avenir : nous alimenter de façon plus saine et régénérer nos sols, voilà des objectifs poursuivis notamment par l’agro-écologie ou la permaculture. Nos fruits et légumes ne doivent plus traverser l’océan pour nous parvenir.

Low tech lab : la quête d’autonomie et le désir de réduire notre impact environnemental, nous poussent à davantage faire par nous-mêmes. Le mouvement du libre (p.e. creative commons) et celui des makers (i.e. Fab lab) accentuent cette tendance.


II – REPOLITISATION

Engagement : il devient évident que les solutions ne peuvent pas toutes venir “d’en haut”, qu’il faut agir à tous les niveaux. La Société Civile se développe. Le mécontentement général et les nouveaux récits que nous nous racontons font reculer le défaitisme et le confort de l’inaction.

Municipalisme : la politique politicienne et le principe de subsidiarité faisant leurs effets, l’intérêt porté à l’élection municipale prend ici et là son essor. La résilience politique se construit et fait des émules.

Entrepreneuriat social : il existe des entrepreneurs qui pour changer le monde, créent des entreprises. L’économie bleue et l’économie symbiotique amènent nombre d’individus à entrevoir un monde à la fois moderne et verdoyant.


III – DÉCENTRALISATION

Organisation : avec le progrès des technologies de l’information et de la communication, nous pouvons repenser nos modes de gouvernance et de contrôle. Le réseau fait la force, ce qui évite de dépendre d’un nombre réduit d’acteurs (i.e. oligopole). C’est la base de la résilience économique.

Vision Opale : plus d’horizontalité, d’intelligence collective, de sens et de confiance, fluidifie / flexibilise le fonctionnement de nos sociétés. Des salariés épanouis forment des structures performantes, qui savent s’adapter.

Économie collaborative : Si la concurrence est pertinente dans certains contextes, la coopération l’est aussi dans d’autres. Reconnaissant cela, les communs peuvent enfin être gérés correctement. [Ammoneo se positionne sur ce créneau.]


IV – DÉCARBONATION

Imagination : gardons-nous des certitudes, l’avenir n’est pas écrit (cette tâche nous revient). Si nous devons relever le défi technologique que pose la résilience énergétique, alors parions sur ces alliées de choix que sont créativité, ingéniosité et innovation. Nous pourrions être surpris.

Paléo-énergétique : un changement de contexte économique / géopolitique ou l’ajout d’une brique technologique (p.e. piles à combustible, smart grid, etc.) peut dès aujourd’hui rendre pertinentes des inventions du passé.

Champ gravitationnel : apprivoiser le champ électro-magnétique a métamorphosé nos civilisations. Que se passerait-il si nous apprivoisions un jour le champ gravitationnel ? Certes, cette réflexion sort du cadre strictement scientifique.


V – HUMANISME

Compréhension : méditation, lâcher prise, intelligence émotionnelle, gestion de l’égo, affinent notre qualité d’écoute, notre ouverture d’esprit, notre assertivité. Il devient évident que le manichéisme et la quête de boucs émissaires simplifient les problèmes sans les résoudre.

Maïeutique : nos a prioris, préjugés, conceptions du monde sont fortement ancrés en nous, difficile de nous faire changer d’avis. Sachant cela, Socrate préconisait un art du dialogue stimulant la résilience mentale.

Communication Non Violente : il s’agit d’améliorer notre capacité à échanger de façon constructive. Dès l’école, par l’apprentissage de techniques et de méthodes, on peut parvenir à exprimer de l’empathie en lieu et place d’un jugement.


Par définition, les tendances d’aujourd’hui ne sont pas celles de demain. Voilà pourquoi il faut s’intéresser aux signaux faibles lors d’un exercice de prospective. Nous en retenons cinq pour ce scénario de rebondologie.



La meilleure façon de prédire le futur,
c’est de le créer.