Quiz : tester ses connaissances en Économie


Avec notre quiz en 10 questions, peaufinez vos connaissances en science économique. L’organisation capitaliste a ses qualités et ses limites ; ce quiz est conçu pour mettre en évidence ses limites.



Conclusion du quiz : la supériorité de l’économie capitaliste sur l’économie planifiée soviétique est en bonne partie venue du fait que la monnaie y était allouée de manière plus efficace, car de façon décentralisée (notamment via les crédits accordés par de nombreuses agences bancaires).

Cela dit, l’organisation capitaliste a de gros défauts. Par exemple, la monnaie y est principalement utilisée comme un capital (qui par définition doit rapporter et donc grandir), d’où une course perpétuelle après la croissance. Or, un tel modèle de développement n’est ni soutenable ni souhaitable.


Réponses du quiz

1/ À quoi un économiste attribue-t-il l'émergence du capitalisme ?
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Bonne réponse : À la généralisation du prêt à intérêt.
Mauvaises réponses : À l’invention du concept de propriété privée ; à l’efficacité de l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Explication : Nombre d’économistes font remonter le capitalisme à la découverte de l’Amérique (XVe siècle), période où l’on a commencé à tolérer le prêt à intérêt (jusqu’alors interdit par la religion) afin d’encourager les grandes fortunes à prendre des risques avec leur argent, à savoir financer des expéditions maritimes très coûteuses, mais potentiellement rentables pour l’emprunteur et donc le prêteur.

Certains historiens font débuter le capitalisme avec le mouvement des enclosures (XVIe siècle) qui ancre le concept de propriété privé dans la société et débouche sur la révolution industrielle. D’autres estiment que capitalisme rime avec protestantisme (XVIe siècle), car jusqu’alors, les riches était mal vus dans le christianisme. En effet, les protestants voyaient dans l’enrichissement une approbation divine.

2/ Concrètement, qu'est-ce que le capitalisme ?
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Bonne réponse : Une façon spécifique d’organiser la circulation de la monnaie.
Mauvaises réponses : Rien de concret, c’est une idéologie ambiante (à laquelle une population accepte de se conformer) ; un système politique, fait d’institutions et de lois qui promeuvent le libre marché.

Explication : Le capitalisme (à ne pas confondre avec le néolibéralisme) a eu le mérite de résoudre les crises économiques dues à une contradiction monétaire, à savoir que la fonction de réserve de valeur de la monnaie (on en met de côté) s’oppose à sa fonction d’intermédiaire des échanges (on la dépense). Réinjecter l’argent épargné dans l’économie en le prêtant à intérêt, a été une réponse bienvenue à cette fâcheuse contradiction monétaire.

Depuis, le capitalisme repose sur l’idée que la quête de profits rapides est la meilleur conseillère qui soit pour guider l’économie. En effet, si quelque chose rapporte, c’est que des gens achètent et donc qu’ils sont contents. Les intérêts privés des capitalistes seraient donc alignés avec l’intérêt général. C’est de fait majoritairement la rentabilité qui décide ce qui se fait ou non, et la société se retrouve ainsi au service de ses prêteurs.

3/ Quelle infrastructure trouve-t-on au cœur du capitalisme ?
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Bonne réponse : Le système monétaire, à savoir les systèmes bancaire, financier et fiscal.
Mauvaises réponses : La République, au travers du droit (pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire) ; la comptabilité au travers de ses règles et de ses outils.

Explication : Une organisation économique est rendu possible par son système monétaire (les institutions qui gèrent la circulation de la monnaie). Sans cette infrastructure, le capitalisme ne pourrait pas du tout fonctionner. À la racine du capitalisme se trouve donc un système monétaire qui fait en sorte que l’argent rapporte, que l’épargne se fructifie. Changez ce système monétaire et vous mettez fin au capitalisme.

Certes, le capitalisme a également besoin de l’État et de la comptabilité pour bien fonctionner, mais ce sont des “surcouches”. Ces “surcouches” ne peuvent qu’encadrer ou réorienter le capitalisme. Tant que la quête de profits sera le principal moteur de l’économie, notre organisation économique sera capitaliste. Changer telle loi ou telle règle de comptabilité sans toucher au système monétaire, s’appelle le réformisme.

4/ Quelle est la conséquence logique du capitalisme ?
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Bonne réponse : La croissance économique, car nos investissements doivent rapporter.
Mauvaises réponses : La compétition, car il y a toujours des concurrents pour contester un marché ; le libre marché, car sinon l’État entraverait le commerce et la prise de profits.

Explication : Le capitalisme est parfois associé au libre marché et à la concurrence. Pourtant ces derniers tirent les prix vers le bas, là où un monopole tire les prix et donc les marges vers le haut. En réalité, le capitalisme cherche par nature à augmenter ses profits et libre marché / mise en concurrence lui sont imposés par l’État (d’où de fréquentes velléités de laissez-faire, de dérégulation et de dérèglementation).

Bref, c’est en effet la croissance économique qui est une conséquence logique du capitalisme. La monnaie y étant principalement utilisée comme un capital (à savoir toute chose dont on peut tirer des revenus sans travailler), l’épargne doit rapporter et donc croître. Le capitalisme et son obsession pour la croissance découle donc du fait que l’argent ne fait pas de petits, qu’il ne se multiplie pas tout seul, que les profits ne tombent pas du ciel.

5/ Comment sortir efficacement du capitalisme ?
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Bonne réponse : En déprivatisant la monnaie.
Mauvaises réponses : En supprimant l’argent et en retournant au troc ; en nationalisant les banques.

Explication : Lorsque la monnaie qui circule dans un pays finit par être accumulée par certaines grandes fortunes, on assiste à un début de privatisation de la monnaie, celle-ci étant accaparée par quelques uns. La société se trouve alors en partie dirigée par ces ultra-riches : ils décident quels projets vont voir le jour, en dépensant ou prêtant les sommes nécessaires à leur réalisation. Le capitalisme est né de et basé sur cette privatisation de la monnaie.

Sortir du capitalisme, c’est par exemple disposer d’un service public – financé par l’impôt – qui prête la monnaie dans un but non lucratif. Or une entreprise nationalisée peut très bien chercher à maximiser sa rentabilité (et renflouer ainsi les caisses de l’État). Même nationalisée, une banque peut prêter à intérêt des euros. Nous restons alors dans le capitalisme : la quête de profits demeure la variable majeure d’allocation de la monnaie dans l’économie.


C’est pour bien montrer qu’il ne pouvait y avoir une économie de gauche et une économie de droite […] que les économistes du XIXe siècle adoptèrent l’expression de “science économique”.

Jean-Marc Daniel, 3 controverses de la pensée économique.

6/ Quelle est la différence entre un prêt et un crédit ?
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Bonne réponse : Lors d’un prêt, on prête de l’argent qui existait déjà, tandis que lors d’un crédit, l’argent prêté a été spécialement créé pour être prêté.
Mauvaises réponses : Un prêt est consenti sans garantie, alors qu’un crédit est systématiquement gagé par une hypothèque ; Si l’on prête son propre argent c’est un prêt, si l’on prête l’argent d’un autre c’est un crédit.

Explication : Lors d’une opération de crédit, les euros qu’une banque commerciale prête ont été spécialement créés afin d’être prêtés à intérêt à l’agent économique désirant s’endetter (on parle de monnaie-dettes, de monnaie bancaire ou de monnaie de crédit). Ces euros n’existaient pas avant que l’opération de crédit n’ait lieu. À l’inverse, lors d’une opération de prêt, on prête des euros qui existaient d’ores et déjà.

Les monnaies-dettes sont adossées à un actif financier (un titre de dette généralement), ce qui les distinguent des monnaies-or, qui comme leur nom l’indique, étaient adossées à un certains poids d’or. Là où il fallait trouver de l’or pour pouvoir créer plus de monnaies-or, avec les monnaies-dettes, il suffit qu’un agent économique (un particulier, une entreprise ou institution publique) s’endette pour pouvoir en créer au travers d’une opération de crédit.

7/ Qui a crée les euros qu'utilise une entreprise pour payer ses salariés ?
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Bonne réponse : Les banques commerciales, intermédiaires privés à qui nous les empruntons.
Mauvaises réponses : Les États de l’Union Européenne, qui ont ce qu’on appelle un privilège régalien ; les banques centrales, qui sont indépendantes des États et donc à l’abri des dérives de la démocratie.

Explication : S’il fallait autrefois trouver de l’or pour créer de la monnaie-or, il faut aujourd’hui monétiser une reconnaissance de dette (aussi appelée “actif financier”) pour créer de la monnaie-dettes. On parle de création monétaire par le crédit (cf. question 7/). Les euros n’apparaissent jamais comme par enchantement sur nos comptes bancaires, ils sont le résultat d’institutions financières ayant au préalable monétisé une dette, fait crédit.

Eh oui, l’État ne peut pas créer d’euros, il lève l’impôt ou s’endette pour en obtenir. Quant aux banques centrales, elles créent de la monnaie centrale, or la monnaie centrale scripturale (i.e. les euros électroniques, par opposition aux pièces et billets) est uniquement utilisée par les banques entre elles. Bref, les euros qu’une entreprise verse sur un compte sont apparus dans l’économie suite à l’endettement – à crédit – d’un État, d’un ménage ou d’une entreprise.

8/ L'euro est à l'origine issu d'un système à réserves fractionnaires, qu'est-ce que cela implique ?
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Bonne réponse : Qu’au moins une fraction des euros figurant sur les comptes bancaires des clients d’une banque doivent réellement être détenus par cette dernière.
Mauvaises réponses : Que seules les banques commerciales peuvent emprunter des euros à leur banque centrale, et pas les États ; qu’une banque doit placer une fraction de son bilan dans le Fonds de garantie des dépôts.

Explication : Un système à réserves fractionnaires signifie qu’une banque commercial peut prêter plus d’argent qu’elle n’en dispose réellement à la banque centrale. En effet, une banque commerciale peut émettre sa propre monnaie, la monnaie de crédit (ou monnaie-dettes, cf question 7/). Ces euros sont dématérialisés, ils n’ont pas de réalité tangible. Si votre banque fait faillite, votre argent disparait avec elle.

Voilà pourquoi il existe un Fonds de garantie des dépôts (constitué par l’État), afin de tempérer la méfiance légitime vis-à-vis de ces monnaies-dettes qui peuvent se volatiliser. Quant au fait que le Traité de Lisbonne oblige les États européens à emprunter auprès des marchés financiers plutôt qu’auprès de leur banque centrale, cela relève de la fin du financement direct. Rien à voir avec les réserves obligatoires des banques.

9/ Pour quelle raison une banque commerciale verse-t-elle des intérêts à ses épargnants ?
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Bonne réponse : Parce que cela incite à l’épargne, or plus il y a d’épargne et plus le système bancaire est solide.
Mauvaises réponses : Pour ennuyer les banques concurrentes ; Parce qu’elle prête leur argent et qu’elle leur doit donc une rétribution.

Explication : Lorsque l’on prête quelque chose, nous nous séparons pour un temps de la chose prêtée. Or, notre épargne ne semble pas quitter notre compte. Techniquement, un compte indique simplement la quantité d’euros que nous doit la banque, ce qu’elle s’engage à nous reverser. Ce n’est rien de plus qu’une dette pour la banque, et voilà pourquoi nos économies peuvent disparaître si celle-ci fait faillite (cf. question 8/).

Bref, une banque ne prête pas l’argent de ses clients (d’où la différence entre crédit et prêt) (cf. question 7/). Il apparaît alors que rémunérer l’épargne est un moyen de rendre plus stable un système bancaire basé sur le crédit, car cela incite les clients de la banque à utiliser leur argent comme un capital, ce qui tempère in fine le risque de faillite bancaire lié à une sortie massive de monnaie (par paiement, par retrait au guichet, par virement, etc.).

10/ Pourquoi un système monétaire basé sur le crédit est-il clairement avantageux ?
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Bonne réponse : Parce que le crédit permet de mieux ajuster l’offre de monnaie à la demande.
Mauvaises réponses : Parce que le crédit permet la société de consommation ; parce que le crédit permet d’emprunter l’argent à des taux négatifs.

Explication : Si nous avons abandonné la monnaie-or plus d’une fois, c’est pour de bonnes raisons. Dans une économie mondialisée en pleine expansion, l’offre de monnaie-or était bien insuffisante pour satisfaire les besoins croissants de l’économie. À l’inverse, le crédit est une excellente façon de créer la monnaie, car cela évite de créer en amont une masse de monnaie déconnectée des besoins de l’économie.

Avec le crédit, la monnaie est injectée dans l’économie pour répondre à un besoin, puis une fois ce besoin satisfait, elle est retirée de l’économie au fur et à mesure du remboursement du crédit. Le crédit permet la société de consommation, mais l’on peut trouver cela regrettable plutôt qu’avantageux. Enfin, aucun ménage ni aucune entreprise n’emprunte à des taux négatifs. Puisque la monnaie est privatisée, elle a un coût.


La circulation de la monnaie n’est pas condamnée à être dirigée soit par l’État (p.e. communisme soviétique), soit par le Marché voire un mix des deux (p.e. capitalisme). De nouvelles voies restent à explorer.

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