Quiz : testez vos connaissances en Économie


Avec notre quiz en 10 questions, peaufinez vos connaissances en science économique. L’organisation capitaliste a ses qualités et ses limites ; ce quiz est conçu pour mettre en évidence ses limites.



Conclusion du quiz : la supériorité de l’économie capitaliste sur l’économie planifiée soviétique est en bonne partie venue du fait que la monnaie y était allouée de manière plus efficace, car de façon décentralisée (notamment via les crédits accordés par de nombreuses agences bancaires).

Cela dit, l’organisation capitaliste a de gros défauts. Par exemple, la monnaie y est principalement utilisée comme un capital (qui par définition doit rapporter et donc grandir), d’où une course effrénée après la croissance. Or, un tel modèle de développement n’est ni soutenable ni souhaitable.


Réponses du quiz

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1/ Quelle est la différence entre un prêt et un crédit ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Lors d’un prêt, on prête de l’argent qui existait déjà, tandis que lors d’un crédit, l’argent prêté a été spécialement créé pour être prêté.
Mauvaises réponses : Un prêt est consenti sans garantie, alors qu’un crédit est systématiquement gagé par une hypothèque ; Si l’on prête son propre argent c’est un prêt, si l’on prête l’argent d’un autre c’est un crédit.

Explication : Aujourd’hui, l’essentiel de nos euros sont dématérialisés et émis à l’aide d’un jeu d’écriture. Ils n’ont pas de réalité tangible. Ce sont des euros purement scripturaux. On parle de création monétaire par le crédit, de monétisation de dettes ou encore de monnaies-dettes.

Chaque euro scriptural que l’on détient a été créé suite à l’endettement d’un particulier, d’une entreprise ou d’un État auprès d’une institution financière.

La monétisation de dettes est l’opération qui permet à une banque de créer de la monnaie contre réception d’une reconnaissance de dette, aussi appelée « actif financier ». Eh oui, l’État ne peut pas créer d’euros, il lève l’impôt ou s’endette pour en obtenir. Nos euros ne tombent jamais du ciel. Un particulier, une entreprise ou un État s’est endetté auprès d’une institution financière pour que celle-ci, en échange, crée et injecte des euros dans l’économie.

En d’autres termes, lors d’une opération de crédit, les euros qu’une banque commerciale prête ont été spécialement créés afin d’être prêtés à intérêt à l’agent économique désirant s’endetter. Dit encore autrement, ces euros n’existaient pas avant d’être “crédités”. À l’inverse, lors d’une opération de prêt, on prête des euros qui existaient d’ores et déjà.

La supériorité du modèle capitaliste sur un modèle centralisé / autoritaire repose pour beaucoup sur son recours au crédit. Cela évite de créer en amont une masse de monnaie déconnectée des besoins de l’économie. La monnaie est injectée dans l’économie pour répondre à un besoin, puis une fois ce besoin satisfait, est retirée de l’économie au fur et à mesure du remboursement du crédit.

Toutefois, le malheur du capitalisme est que croissance économique et monnaies-dettes ne font pas bon ménage. Pour qu’il y ait sans cesse plus d’euros dans l’économie, en contrepartie, il doit inévitablement exister sans cesse plus d’actifs financiers (aussi appelés “reconnaissance de dettes”). Le capitalisme exige donc malgré lui que nous nous endettions toujours plus, quitte à nous surendetter.

2/ Pour quelle raison une banque commerciale verse-t-elle des intérêts à ses épargnants ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Parce que cela incite à l’épargne, or plus il y a d’épargne et plus le système bancaire est solide.
Mauvaises réponses : Pour ennuyer les banques concurrentes ; Parce qu’elle prête leur argent et qu’elle leur doit donc une rétribution.

Explication : Techniquement, votre compte en banque indique simplement la quantité d’euros que vous doit votre banque, ce qu’elle s’engage à vous verser si vous lui en faites la demande. Ce n’est rien de plus qu’une dette, et voilà pourquoi vos économies peuvent disparaître si votre banque fait faillite.

Puisque l’argent qui apparaît sur nos comptes en banque est en fait une dette de la banque envers nous, il nous faut par conséquent bien réaliser qu’une banque ne prête pas l’argent de ses clients (d’où la différence entre crédit et prêt). Alors pour quelle(s) raison(s) rémunèrent-elles les épargnants ? Quel est ce service que nous leur rendons et qui mérite récompense ?

Pour tenter de comprendre pourquoi une banque paie des intérêts à l’épargnant, faisons un parallèle avec une hypothétique monnaie fiduciaire : le reçu obtenu lors d’un dépôt d’or chez l’orfèvre (l’ancêtre de nos banques ?).

Un tel reçu est conçu pour prouver que son détenteur a en sa possession un certain montant d’or. Plus pratique que la volumineuse monnaie sonnante et trébuchante, imaginons que ces reçus soient alors devenus un moyen de paiement privilégié (l’ancêtre de nos billets de banque ?).

Maintenant, associons ces reçus non pas à une activité de prêt – pour laquelle l’or des déposants serait prêté aux emprunteurs – mais à une activité de crédit, pour laquelle l’orfèvre ne prête non pas l’or qu’il a dans ses coffres, mais prête des reçus qu’il crée lui-même et que ses compatriotes utilisent pour se payer entre eux.

Dans le cadre de cette activité de crédit, les reçus prêtés sont émis chaque fois qu’un emprunteur s’endette auprès de l’orfèvre, et n’existait donc pas avant ; procédé identique à la monétisation de dettes (cf. question 1/).

Cependant, si l’orfèvre crée des reçus à la fois lorsque quelqu’un effectue un dépôt d’or chez lui et à la fois lorsqu’il réalise une opération de crédit, alors la valeur cumulée de tous les reçus qu’il a émis excède logiquement la valeur de ses réserves en or. Dès lors, cela veut dire qu’un risque de faillite pèse sur l’orfèvre : pris ensemble, les reçus mis en circulation par l’orfèvre promettent le retrait de plus d’or que celui-ci n’en possède réellement.

De fait, il se pourrait que ce soit dans de telles conditions que l’idée de rémunérer les épargnants ait émergée. Premièrement, en rémunérant les déposants, l’orfèvre incite ceux-ci à venir déposer leur or chez lui. Or, plus il a d’or, plus le risque de défaut s’éloigne ; il est mieux équipé face à une forte demande de retrait d’or.

Deuxièmement, avec la mise en place de cette rémunération de l’épargne, les déposants sont définitivement poussés à payer avec les reçus obtenus en échange de leur or, puisque c’est en laissant leur or chez l’orfèvre qu’ils toucheront les intérêts promis par celui-ci. En ce qui concerne les emprunteurs, lorsqu’ils récupèrent des reçus, ceux-ci sont utilisés pour rembourser leur emprunt, et non pour retirer de l’or. Le risque de défaut s’éloigne à nouveau.

En ce début de XXIe siècle, notre système bancaire a une structure similaire au système dépeint ci-dessus : il suffit de remplacer l’or par nos billets de banques et les reçus par nos euros scripturaux. In fine, rémunérer l’épargne apparaît donc comme un moyen de rendre plus stable un système bancaire basé sur le crédit, car cela tempère le risque de faillite lié à un retrait massif de monnaie.

Le système capitaliste est comme un colosse au pied d’argile, car reposant sur des dettes susceptibles de ne pas être honorées : les euros scripturaux que nous utilisons au quotidien sont une dette que le système bancaire a envers nous, mais il a fallu que nous nous endettions auprès du système bancaire (p.e. en ayant recours à un crédit) pour que ces euros soient créés.

P.S. : En pratique, pour que la création monétaire par le crédit fonctionne sans accroc, il suffit de faire payer aux emprunteurs un taux d’intérêt couvrant au moins le coût des rémunérations dues aux épargnants.

3/ Formé à partir du mot CAPITAL, quelle est la vocation présumée du capitalisme ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Favoriser les profits ; la priorité est d’encourager la prise de risque et donc l’investissement.
Mauvaises réponses : Favoriser la production ; la priorité est de maximiser la création de richesses, pour mieux se les partager ensuite ; Favoriser le travail ; la priorité est d’endiguer le chômage.

Explication : Selon la définition du Larousse, le mot “capital” désigne le “patrimoine possédé par un individu, une famille ou une entreprise et pouvant rapporter un revenu”. Plus généralement, le capital désigne l’ensemble des sources de revenus ne provenant pas de son propre travail.

En définitive, on peut présumer que le capitalisme est une organisation économique qui se distingue par la place centrale qu’elle donne aux capitalistes. En effet, il a longtemps été très mal vu de gagner de l’argent autrement que par le travail : le prêt à intérêt était appelé “usure” et les jeux d’argent étaient souvent prohibés.

Finalement avec le capitalisme, même si réaliser d’énormes profits est encore mal perçu par l’opinion publique, nous sommes plus libres de réaliser des bénéfices et les personnes fortunées sont davantage encouragées à investir, à faire circuler leur argent plutôt qu’à le laisser “dormir”.

Investir d’accord, toutefois, rien ne stipule qu’il faille employer son capital pour embaucher (autant faire appel à des machines, plus rentables) ou pour maximiser la production de richesses (sinon, gare à la crise de surproduction).

La réduction du chômage n’est absolument pas la priorité du capitalisme, c’est le profit.

Encourager la prise de risque et par suite l’investissement a eu pour résultat que la quête de profit est devenu le principal moteur de notre économie. Tout bien pesé, est-ce vraiment le système économique que nous voulons léguer à nos enfants ?

4/ En général, quel est l objectif prioritaire d un investisseur étranger lorsqu il décide de financer un projet en France ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Gagner de l’argent ; à terme, il espère récupérer plus d’euros qu’il n’en a apporté.
Mauvaises réponses : Donner du travail ; à terme, un bon investissement est un investissement qui crée plus d’emplois qu’il n’en détruit ; Se faire plaisir ; après tout, l’argent sert à être dépensé.

Explication : Généralement, un investisseur ne donne pas son argent, ni ne le prête gratuitement, mais cherche à réaliser des profits (dans le cas contraire, on peut parler de philanthropie). Dit autrement, investir répond à une logique extractive, on investit là où il y a de l’argent à “pomper”.

Ainsi, une multinationale ne s’implante pas sur un territoire pour y créer des emplois, mais parce qu’elle pense pouvoir gagner de l’argent en s’y implantant. Dès que cette source de profits sera tarie, elle fermera logiquement boutique.

Attirer les investissements s’avère donc intéressant à court terme, car cela génère un surplus d’euros bienvenu sur le territoire. Mais à long terme, puisqu’un investissement payant est un investissement permettant de rapatrier plus d’euros que l’on n’en a apporté, attirer les investissements appauvrit peu à peu nos territoires, les euros nous quittant pour finir dans la poche d’investisseurs.

Pour éviter cet appauvrissement, il “suffit” d’attirer toujours plus de nouveaux investisseurs. Ces nouvelles entrées d’argent compensent alors largement les sorties d’euros dues aux investissements dont le retour sur investissement est déjà positif. Nos dirigeants s’ingénient donc à rendre notre pays toujours plus attractif pour les potentiels investisseurs.

Hélas, cela aboutit à une course au moins disant ou “dumping social”. En effet, comment attirer l’argent des investisseurs en France, si investir ces mêmes sommes en Chine représentent des gains financiers bien supérieurs ? Pour augmenter les bénéfices des futurs investisseurs et ainsi les attirer, on comprend alors pourquoi nos dirigeants choisissent parfois de détricoter certains acquis sociaux.

Attirer les capitaux d’accord, mais à quel prix ? (image extraite du livre Economix, p.27)

Cela dit, si ces dernières années nos élites parviennent effectivement à être de plus en plus riches et nos concitoyens de plus en plus pauvres ou endettés, il est difficile d’imaginer que cela puisse continuer ainsi éternellement. Les inégalités sociales ne peuvent s’accroître indéfiniment, la société finissant par se déliter, le contrat social par se rompre.

5/ En toute logique, plus il y a de français à devenir millionnaires et moins il y a de précarité en France, non ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Peut-être, mais à la condition qu’il y ait de plus en plus d’euros dans le pays.
Mauvaises réponses : Oui, car un riche de plus est un ancien pauvre de moins ; Oui, si tout le monde y met du sien, nous pouvons tous nous enrichir et faire disparaître la misère.

Explication : nous désignons par millionnaire les personnes possédant plus d’un million d’euros sur l’ensemble des comptes en banque qu’ils possèdent. Cela exclut donc les personnes dont seul le patrimoine vaut plus d’un million d’euros (parce qu’il possède un château, des bouteilles de vins très réputées ou encore des actions d’entreprises).

Toujours est-il que la monnaie est un bien rival. L’argent que nous avons gagné n’est pas apparu spontanément sur notre compte bancaire, comme par enchantement. À l’exception de l’endettement qui permet d’obtenir de l’argent en échange, pour s’enrichir, il est normalement indispensable de prélever de l’argent à d’autres agents économiques.

En fin de compte, plus il y a de millionnaires en France et moins la quantité d’euros que se partagent les non-millionnaires est importante. Les non-millionnaires se sont donc vraisemblablement appauvris, sauf si entre temps beaucoup d’euros ont été créés puis injectés dans l’économie réelle française.

Répétons-le, les euros ne tombent pas du ciel. Ils sont créées par des institutions financières en échange de reconnaissances de dettes (bons du Trésor, obligations, contrats de crédit, etc.). Pour qu’il y ait plus d’euros sur le territoire français, davantage de dettes doivent quoi qu’il arrive avoir été contractées auprès de ces institutions puis monétisées.

L’un dans l’autre, l’enrichissement des uns dépend d’une façon ou d’une autre de l’appauvrissement des autres (à condition d’amalgamer l’endettement à un appauvrissement). Cela explique pourquoi plus nos élites s’enrichissent et plus nos concitoyens se retrouvent en situation de précarité ou de surendettement.

Bien sûr les inégalités sociales que nous constatons ne pourront pas s’accroître indéfiniment. Un jour viendra peut-être où la population considèrera que c’est à ses élites de travailler pour elle, et non plus l’inverse. Après tout, nombre de nos élites sortent de prestigieuses écoles en grande partie financées par l’État, et donc in fine par la population résidant en France.


C’est pour bien montrer qu’il ne pouvait y avoir une économie de gauche et une économie de droite […] que les économistes du XIXe siècle adoptèrent l’expression de “science économique”.

Jean-Marc Daniel, 3 controverses de la pensée économique.

6/ Tous les pays du monde peuvent-ils avoir une balance commerciale positive ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Non, les exportations des uns sont les importations des autres.
Mauvaises réponses : Oui, plus il y a d’exportations et mieux le commerce mondial se porte ; Oui, car plus on exporte et plus on peut importer.

Explication : Pour que les agents économiques d’un pays puissent exporter, il faut qu’en face des agents économiques d’un autre pays aient décidé d’importer. Les exportations des uns sont les importations des autres.

Les politiques d’austérité – qui recommandent aux États d’exporter plus qu’ils n’importent – ne peuvent donc pas fonctionner dans un monde où tous les autres États pratiquent l’austérité. Pour que des pays aient une balance commerciale positive, d’autres pays doivent avoir une balance commercial négative.

Cet exemple illustre une fois de plus à quel point les sciences économiques se coupent parfois de la réalité. Que nos élites le veuillent ou non, nous ne pouvons pas tous nous enrichir en même temps (inégalités sociales), de même, toutes les nations ne peuvent pas avoir une balance commerciale positive et enfin, nous ne pourrons pas non plus extraire de la Terre plus de ressources qu’il n’en existe (surexploitation).

Si dans une équation mathématique, il est possible de rendre compte de l’infini avec le symbole du lemniscate (∞), ce n’est pas aussi simple dans le monde physique, d’où la fameuse citation de Kenneth E. Boulding : « celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste ».

Que nos élites le veuillent ou non (bis), le système capitaliste qui dépend de la croissance est insoutenable. Tôt ou tard, nous devrons adapter notre organisation économique à la réalité du monde physique plutôt que de persister à croire que le monde physique peut se conformer à notre organisation économique.

Pour terminer, il est également aberrant que nombre d’économistes (généralement de droite) voit dans le lourd endettement du pays un mal typiquement français, celui du désir irresponsable de vivre (collectivement) au-dessus de nos moyens. Mais alors pourquoi la plupart des pays dits “développés” sont-ils également fortement endettés ? Sont-ils français eux aussi ?

Toute la monnaie qui circule dans les pays dits développés a été créée par monétisation de dettes (et non par l’intermédiaire d’une équation mathématique).

S’il fallait autrefois trouver de l’or pour créer de la monnaie, il faut aujourd’hui trouver une reconnaissance de dette (aussi appelée “actif financier”) pour créer de la monnaie. C’est un fait, les euros n’apparaissent pas comme par enchantement dans l’économie française. Dans un système des monnaies-dettes, on ne peut pas à la fois vouloir la croissance économique et préconiser le désendettement. C’est utopique.

7/ Parmi les propositions suivantes, laquelle décrit une situation de croissance économique ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Hausse du chiffre d’affaires de nos entreprises ; les agents économiques ont davantage dépensé, il y a eu plus de ventes de produits / services que l’année précédente.
Mauvaises réponses : Hausse de la productivité ; les entreprises ont davantage produit par rapport à l’année passée ; Baisse du taux de pauvreté ; il y a moins d’habitants à vivre avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Explication : L’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance économique est le produit intérieur brut (P.I.B.). Il rend compte de la valeur totale de la “richesse” réalisée sur l’année par les agents économiques résidant à l’intérieur du territoire étudié.

Attention, seul un produit / service vendu est considéré comme une “richesse” ; les 500 litres de lait qu’un éleveur laitier a bel et bien produit mais qui finissent déversés sur la voie publique ne rentrent pas dans la case “richesse”.

Grosso modo, la croissance économique correspond donc – si on exclut le troc – à une hausse du volume intérieur des flux monétaires d’origine marchande. C’est-à-dire que sur un territoire donné, on dénombre plus de transactions commerciales par rapport à l’année précédente. Résultat : plus d’euros ont été échangés.

En d’autres termes, d’une année sur l’autre, les produits / services de la zone étudiée ont été soit davantage consommés, soit consommés à des prix plus élevés.

Lla croissance économique correspond ainsi à une hausse du chiffre d’affaires de nos entreprises, et non à une hausse de la productivité (on peut produire plus et vendre moins, i.e. surproduction), ni à une baisse du taux de pauvreté (les personnes fortunées peuvent très bien s’enrichir sans que cela ne profite au reste de la population).

Encore une fois, la réduction du chômage et de la pauvreté n’est absolument pas la priorité du capitalisme, c’est le profit, quitte parfois à détruire l’environnement, à privilégier le court terme sur le long terme. Dès lors, peut-on réellement considérer qu’une telle organisation économique est souhaitable ? Voulons-nous vraiment que nos enfants vivent dans un monde grandement régi par la quête de profits ?

8/ Si à partir de l an 2000 notre P.I.B. croît de 1% tous les ans, parmi les affirmations ci-dessous, laquelle s avérera juste ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Notre P.I.B. aura doublé en moins d’un siècle.
Mauvaises réponses : En 2030, notre P.I.B. ne sera pas significativement plus élevé qu’en 2000 ; Notre P.I.B. aura augmenté d’environ un quart en 2050.

Explication : Si en l’an 2000 notre P.I.B. vaut 100x et qu’il croît de 1% tous les ans, alors il vaudra 101x en 2001, 102,01x en 2002, environ 103,03x en 2003, environ 104,06x en 2004, environ 105,10x en 2005, environ 164,46x en 2050 et à peu près 200,67x en 2070.

Il aura donc doublé en 70 ans, soit en moins d’un siècle. Cela signifie que même à 1% de croissance par an, à prix plus ou moins constants, la France de 2070 vendra au total deux fois plus de produits et services que la France de 2000.

Hélas en 2018, la branche française de l’ONG WWF estimait que le jour du dépassement français calculé par Global Fooprint Network serait tombé le 5 mai. Autrement dit, il nous faudrait 2,9 Terres si toute l’humanité vivait comme les Français.

Même avec un faible taux de croissance de 1% par an, notre modèle de développement basé sur la quête de profits et donc la croissance devient rapidement insoutenable. Si nous conservons l’organisation capitaliste telle quelle, combien de Terres faudra-t-il en 2088 pour vivre comme un français de 2088 ?

Si la Terre peut survivre sans les humains, l’inverse n’est pas vrai en ce début de XXIe siècle.
9/ En quoi un faible taux de croissance est-il problématique ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : Sans la croissance, difficile de parvenir à réduire le nombre de chômeurs.
Mauvaises réponses : Sans la croissance, impossible pour quiconque de s’enrichir ; Sans la croissance, impossible d’injecter des euros supplémentaires dans l’économie.

Explication : Pourquoi est-ce que nos dirigeants recherchent à tout prix la croissance ? Parce qu’il est généralement admis qu’atteindre 2% de croissance annuelle est nécessaire pour résorber le chômage ; en-dessous de ce seuil, on créerait du chômage.

On l’a vu à la question 7, en science économique, croître signifie que les produits / services de la zone étudiée ont soit été davantage consommés par rapport à l’année précédente, soit consommés à des prix supérieurs à l’année précédente.

Dès lors, sachant que la monnaie est un bien rival, c’est-à-dire que la dépense des uns est le revenu des autres, alors si à prix constants, à peine plus de produits / services ont été consommés, cela signifie qu’à peine plus de personnes ont mieux gagné leur vie.

À l’inverse, même avec un faible taux de croissance, parvenir à s’enrichir reste possible (tout le monde ne connait pas la crise), tout comme créer des euros (par exemple en souscrivant à un crédit, cf. question 1/).

Cela dit, rechercher la croissance n’est pas une stratégie efficace pour réduire le chômage. Accroître notre compétitivité / productivité nous permet certes de produire puis vendre plus de “richesses”, mais cela signifie souvent plus de travail répartit entre moins d’êtres humains (burn out ?) ou encore un remplacement des travailleurs par des machines (chômage ?).

De plus, pourquoi faudrait-il atteindre 2% de croissance et donc faire 2% de mieux que l’année dernière pour rester au même niveau en terme d’emploi ? Notre organisation économique fonctionne manifestement d’une drôle de façon.

Cette course après la productivité / compétitivité amène en réalité des conditions de vie de plus en plus difficiles pour la population (dumping social, précarité, surmenage, stress, chômage, etc.). Il est difficile d’imaginer que cela puisse continuer ainsi éternellement. Si rien ne change, le mouvement des Gilets jaunes de 2018 semble donc amené à perdurer dans le temps.

Si les “pauvres” ont besoin des “riches”, n’oublions pas que l’inverse est tout aussi vrai. #interdépendance
10/ Quelle affirmation à propos du capitalisme de ce début de XXIe siècle semble être la plus proche de la réalité ? (Cliquez pour dérouler)
Bonne réponse : C’est un modèle de développement qui stimule la compétition, qui encourage le progrès technique.
Mauvaises réponses : C’est un modèle de développement assurant un taux d’emploi élevé, afin que chacun puisse trouver sa place dans la société ; C’est un modèle de développement qui veille à ce que les êtres humains naissent libres et égaux.

Explication : À l’instar du mouvement culturel romantique qui regrettait la domination de la raison sur les émotions, on retrouve une opposition du même acabit parmi les économistes du XIXe siècle, qui font eux aussi se confronter rationalité et sensibilité.

D’un côté, pour la rationalité, l’école classique, avec David Ricardo notamment, qui estime :
– « qu’il faut trouver un moyen de limiter la rente des propriétaires d’autant plus qu’ils sont souvent des héritiers incarnant le passé. »
– que « les capitalistes, qui portent l’investissement et donc l’introduction dans le processus de production du progrès technique et des nouvelles technologies, incarnent l’avenir. »

« Choisissant l’avenir, Ricardo développe une théorie dont le but est de maximiser le revenu des capitalistes, à savoir le profit. » [J-M. Daniel, 3 controverses de la pensée économique, p.34.]

Plus tard, du côté “sensible”, les socialistes et marxistes emploieront quant à eux le mot « capitalisme » comme un terme de dénigrement. Pour ces derniers, donner la priorité aux rendements du capital plutôt qu’au travail est synonyme d’exploitation et d’inégalités sociales :
“Pourquoi faudrait-il que les capitalistes s’enrichissent beaucoup plus que les autres ? Pourquoi le “travail” de l’argent devrait-il rapporté plus que le travail d’êtres humains ? Pourquoi voudrait-on qu’il soit plus facile et rapide de s’enrichir en prêtant de l’argent qu’en travaillant ?”

Attirer les capitaux d’accord, mais à quel prix ? (image extraite du livre Economix, p.27)

Le désaccord est donc principalement d’ordre philosophique, selon que l’on pense qu’il est souhaitable que la justice sociale s’efface partiellement, complètement ou aucunement face à la nécessité de recueillir des financements.

Quoi qu’il en soit, le modèle capitaliste n’a pas été pensé ni conçu pour favoriser l’emploi ou l’égalité, mais bel et bien pour encourager le progrès technique. Fort heureusement, le choix d’un modèle ne se limite pas au capitalisme américain ou au totalitarisme soviétique ; d’autres modèles de circulation de la monnaie dans l’économie restent à inventer.


L’activité économique n’est pas condamnée à être dirigée soit par l’État (p.e. communisme soviétique), soit par le Marché voire un mix des deux (p.e. capitalisme). De nouvelles voies restent à explorer.

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