Crypto #6 – Hacker le système


Le hacking, c’est le fait de détourner une chose ou une entité de son but premier, de lui donner une fonction qu’elle n’a pas à l’origine. Ici, il s’agit de retourner le système contre lui-même. Voyons comment une autre Économie est possible.


I – Quelle faille peut-on exploiter ?

Là ou autrefois, gagner de l’argent sans travailler était mal vu (p.e. usure et jeux de hasard), le capitalisme a provoqué l’essor du commerce et de l’innovation, en permettant justement à l’argent épargné d’être réinjecté dans l’Économie, d’être investi, de “travailler” à notre place.

Ne peut-on pas capter la soif de profits du capitalisme et s’en servir pour financer des alternatives à son hégémonie ? Depuis 2008, des dizaines de milliards de dollars ont été investi dans les crypto-monnaies, conçues dès l’origine comme un substitut à un système bancaire vieillissant.

En 2019, il est vrai qu’elles sont surtout utilisées par la finance, comme des objets de spéculation plutôt que comme des moyens de paiement. Elles sont tantôt considérées comme des “commodities” (i.e. une marchandise), tantôt comme des “securities” (i.e. un placement).

Utiliser une crypto-monnaie à l’échelon local, limitera fortement la spéculation.

II – Que dit la loi ?

Pour information, la réglementation vis-à-vis des monnaies locales est très stricte. Ainsi en France, toute monnaie locale doit être garantie par un fonds de réserve obligatoire (i.e. pour 1€ de monnaie locale créé, 1€ doit être bloqué sur un compte bancaire), les rendant quasi-inutiles.

Pourtant, les monnaies locales ont maintes fois faire leur preuve. Par exemple, on estime que l’expérience de Wörgl a permis de faire reculer le taux de chômage de 25%, en pleine “Grande Dépression”. En définitive, les monnaies locales comblent un manque d’argent dans l’Économie réelle.

Si en France, la réglementation diffère selon le support de la monnaie locale (papier, scripturale ou électronique), les crypto-monnaies à l’inverse, sont traitées comme de simples actifs financiers. La législation les concernant est donc nettement moins stricte. C’est une opportunité à saisir.

Nous pouvons court-circuiter notre dépendance envers l’argent des institutions financières.

III – Qu’est-ce qui bloque ?

D’après cet excellent article du Journal du Coin, “techniquement, la loi vous permet de recevoir [une partie ou l’entièreté de] votre salaire en Bitcoin ou autres cryptomonnaies. Néanmoins il semblerait que [le versement doive se faire] sur le compte d’une crypto-banque agréée en tant que PSAN.”

Rappelons qu’accepter une crypto-monnaie n’a rien d’exclusif. Une entreprise peut dans un premier temps décider que seule une fraction du montant de la facture puisse être réglée avec cette crypto-monnaie (locale), seulement tel jour dans la semaine ou qu’à partir de telle heure.

Sur le plan comptable, il faudra déclarer la valeur en euros correspondant aux revenus perçus en crypto-monnaies.

Finalement, ce qui bloque, c’est la force des habitudes, “le confort de l’inaction”. Cela dit, la prochaine crise financière pourrait nous motiver à passer aux crypto-monnaies. Pouvant les adopter depuis chez soi, par internet, sans avoir à se déplacer, cela accélérera leur démocratisation.

Vous voici rendu(e) au terme de ce dossier sur les crypto-monnaies, qui tentait de démontrer que quasiment tout est en place pour qu’advienne une autre Économie. La “crypto révolution” n’attend plus que nous.