Problème #4 – Crise monétaire


Au regard d’une future crise de l’euro, les crypto-monnaies peuvent s’avérer d’excellentes valeurs refuges à moyen terme. Penser que posséder des euros sur un compte bancaire est sans risque, signale, à dire vrai, une terrible méconnaissance sur le sujet.


I – D’où viennent les crises ?

Deux faits économiques simples, exposent les limites d’une finance exigeant de réaliser toujours plus de gains. Fait n°1 : la monnaie est un bien rival, c’est-à-dire que pour en obtenir, il faut généralement la prélever à quelqu’un. Fait n° 2 : l’économie réelle se distingue de l’économie financière (l’une rémunère le travail d’êtres humains, l’autre rémunère le travail de l’argent).

Partant de là, lorsque l’économie financière s’enrichit, ces sommes lui sont venues de quelque part, à savoir l’économie réelle (à qui elles ont donc été soustraites). On ne peut pas tous devenir plus riches en même temps, l’argent ne tombe pas du ciel. En définitive, on retrouve ici les équations de Lotka-Volterra, aussi appelée « modèle proie-prédateur ».

Schéma du modèle proie-prédateur, issu des équations de Lotka-Volterra.
Plus il y a de prédateurs, moins il y a de proies ;
moins il y a de proies, moins il y a de prédateurs ;
moins il y a de prédateurs, plus il y a de proies.
plus il y a de proies, plus il y a de prédateurs.

En clair, la finance n’investit dans l’économie réelle que tant qu’il y a une chance d’en « extraire » des profits, et une fois l’économie réelle vidée de sa monnaie, c’est la crise générale… (à moins que les banques centrales ne viennent constamment au secours de la finance). D’où viennent les crises ? Toujours du fait que la monnaie ne circule pas convenablement dans le pays.


II – Que font les banques centrales ?

Puisque la finance n’espère plus extraire de profits de l’économie réelle, il lui faut dorénavant pomper de l’argent ailleurs. C’est là qu’interviennent les banques centrales : elles achètent les actifs douteux de la finance – aussi appelé junk bonds – avec des euros, dollars, yens, etc. fraîchement créés. C’est très pratique, une seule et même dette permet de créer de l’argent deux fois.

Source de la vidéo :
« La Fin d’un Système de Monnaie Dette – Olivier DELAMARCHE et Philippe BECHADE » (auCOFFRE.com, 2018), YouTube.

Depuis 2008, les politiques monétaires non conventionnelles appelées Quantitative Easing sont devenues la norme. L’économie financière s’est totalement découplée de l’économie réelle, ses bénéfices toujours plus importants proviennent de la création monétaire et sont parfaitement artificiels. Pour devenir sans cesse plus riche, c’est simple, il suffit de créer toujours plus d’argent.


III – Où va l’argent créé ?

Si l’économie est inondé mois après mois de milliers de milliards d’euros, ne devrait-on pas déjà avoir de l’inflation ? Ce serait le cas si ces milliards d’euros allaient directement dans l’économie réelle, mais ces milliards sont principalement captés par la sphère financière. L’économie réelle reste ainsi en crise, tandis que les institutions bancaires et financières réalisent des profits records.

Sources de la vidéo :
« La crise des subprimes d’après les « orthodoxes » » (Heu?reka, 2017), YouTube.
« #1 La crise financière – Faut VRAIMENT que vous compreniez » (Solidarité et Progrès, 2018), YouTube.
« #4 Création monétaire : La bataille historique du peuple français – ACTE 3 » (Solidarité & Progrès, 2019), YouTube.

Face à de tels dysfonctionnements, la crise économique en cours (chômage de masse, précarité, etc.) est partie pour durer et une nouvelle crise de l’euro est malheureusement à redouter. En effet, une mauvaise gestion de la monnaie se paie tôt ou tard. Sans aller forcément jusqu’à la disparition de l’euro, la valeur de ce dernier pourrait très bien être divisée par deux ou dix.


IV – Les crypto-monnaies, une valeur refuge ?

En 2008, un document rédigé par l’énigmatique Satoshi Nakamoto annonce l’arrivée de la technologie « blockchain« . Elle va permettre à ceux qui ont perdu confiance dans le système des monnaies-dettes – suite à la faillite de la banque Lehman Brothers et la disparition de l’épargne de ses clients – de se payer entre eux avec une monnaie qui ne se volatilisera pas : le Bitcoin.

Le système derrière l’euro dérive d’un système à réserves fractionnaires ; son taux de réserves était de 1% en 2012. Cela signifie qu’au moins 1% des dépôts doivent réellement être détenus par la banque (si tous les clients de la banque viennent retirer leur argent, en théorie, ils sont censés pouvoir en récupérer au moins 1%, mais faire une croix sur les 99% restants).

Chacun est bien sûr libre de considérer qu’un taux de réserve de 1% est suffisant, ou d’avoir pleine confiance dans le Fonds de Garantie des Dépôts. Mais dans le cas contraire, placer une partie de son épargne dans les crypto-monnaies peut en définitive être vu comme un calcul prudent, une façon de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Vous voici rendu(e) au terme de ce module #4, qui présente les crypto-monnaies comme un moyen de dégager votre épargne d’un système financier complètement malsain. Puisqu’une chute du cours de l’euro est plus que probable à moyen terme, vous avez tout intérêt à vous en protéger. Une autre économie est possible.


Nous héritons de la monnaie utilisée par nos parents. En corollaire, notre choix de crypto-monnaie aura un énorme impact sur les générations qui nous suivent. C’est une grande responsabilité qui nous incombe.

Découvrez maintenant pourquoi et comment les crypto-monnaies peuvent nous sortir d’une organisation économique injuste et archaïque
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N.B. : vous devinez d’ores et déjà ce que nous pensons des crypto-monnaies de banques centrales (CBDC) ainsi que des crypto-monnaies adossées à des monnaies-dettes, tel que le dollar ; c’est-à-dire un grand nombre de « stablecoin ».