Crypto #4 – Favoriser la résilience


Soyons honnêtes, il nous arrive tous de penser qu’il est trop tard, que nous courons à notre perte ; difficile de concevoir que les crypto-monnaies puissent favoriser notre résilience. Il y a pourtant de bonnes raisons d’y croire. Une autre Économie est possible.


I – L’argent, racine de tous les maux ?

Quel est l’un des critères majeurs pour juger de la faisabilité d’un programme politique ? Le budget, la réalité des moyens financiers alloués à son exécution. Agir nécessite d’avoir des fonds pour le faire. Dit autrement, le meilleur moyen de faire faire quelque chose à quelqu’un, c’est de le payer pour faire cette chose. Après tout, tout travail mérite salaire. Premier point.

Il est difficile d’imaginer une société sans monnaie.

Deuxième point : effondrement ou non, toujours est-il que conserver notre organisation économique telle quelle, sans rien n’y changer, et s’attendre à obtenir des résultats différents, relève d’une naïveté sans borne. La destruction de l’environnement et les inégalités sociales vont continuer à s’aggraver, c’est structurel (pour ceux que ça intéresse, la chaîne Heu?reka décortique avec brio cette structure).

Or, peut-on imaginer réaliser une nécessaire lutte contre le dérèglement climatique en “retournant” au troc ? Pas davantage. L’émergence d’une économie parallèle semble donc indispensable (troisième point). En bref, si l’argent est souvent vu comme le problème, la monnaie peut également s’avérer être une importante composante de la solution, qu’elle soit locale, crypto, voire crypto-locale.


II – Vers une Économie plus collaborative ?

Notre société emprunte sa monnaie à un intermédiaire, nous vivons à crédit. La zone euro n’est pas propriétaire de ses euros, ils sont en location. Cependant, comment faire lorsque le prétexte de l’intérêt général ne suffit pas à la finance pour accepter de nous en louer ? Dans ce cas de figure, quid des monnaies complémentaires (p.e. monnaies de nécessité, le WIR suisse, le crédito argentin, etc.) ?

Les initiatives monétaires débutent toujours à petite échelle, il est en effet difficile de convaincre des millions de concitoyens d’un coup. Dès lors, quid des crypto-monnaies locales ? Elles préviendraient le risque de faux-monnayage, tout en permettant de connecter des initiatives entre elles. De plus, l’échelle locale entrave la spéculation et limite la consommation énergétique.

Les pouvoirs publics pourraient, localement, faire face à un nouvel interlocuteur crédible,
car ayant enfin les moyens de ses ambitions.

En définitive, le tissu économique de ce début de XXIe siècle serait davantage résilient avec une société civile plus autonome. D’où le besoin d’une Économie parallèle, mais pas forcément séparée : si je veux des cryptos, je dois pouvoir en échanger contre mes euros, si je veux des euros, je dois pouvoir en échanger contre des cryptos. La loi de l’offre et de la demande en somme.


III – Résilience : et maintenant ?

Quoi qu’on en dise, la planète Terre ne signera pas de chèque libellé en euros ou en dollars, en mesure de nous donner les moyens financiers de mettre en place des politiques écologiques efficaces. Les sous, il va falloir les trouver, et voilà pourquoi les crypto-monnaies peuvent s’avérer être de précieuses alliées, en donnant du budget à nos maires ou à la société civile.

Tous les jours, les banques émettent de la monnaie lorsqu’elles accordent un crédit,
sans que cela ne provoque de l’inflation,
alors, pourquoi ne pas les imiter et crypto-financer l’économie circulaire ?

Répétons-le, compter uniquement sur le système capitaliste pour relever les défis majeurs que nous promet le XXIe siècle est suicidaire. Ce n’est pas non plus en “retournant” au troc, que l’on parviendra à les relever. Effondrement ou non, avoir une économie fonctionnelle est quoi qu’il arrive une bonne chose. Les crypto-monnaies se posent alors comme un outil plutôt opportun.

Vous voici rendu(e) au terme du module #4, qui tentait de vous présenter les crypto-monnaies non seulement comme un moyen de nous rendre moins dépendant du système capitaliste, mais surtout de financer notre résilience. Une autre Économie est possible.

N.B. : Peut-être faut-il considérer l’Économie Sociale et Solidaire comme l’Économie de la Société Civile, l’Économie de marché comme celle du Secteur Privé et l’Économie dirigée comme celle des Pouvoirs Publics. L’Économie collaborative naîtrait finalement de la conjonction des trois.

Toujours est-il qu’une Économie davantage en phase avec nos valeurs n’apparaitra pas spontanément ; la faire émerger à l’échelon local semble plus réaliste, et les crypto-monnaies peuvent favoriser son émergence en lui apportant des fonds bienvenus.


 Transformer le capitalisme ne consiste pas à le casser ni à faire changer tout le monde, c’est plutôt contribuer à consolider au moins un des -> 4 PILIERS DE LA RÉSILIENCE <-, qui soutiennent l’Économie collaborative.